« Vertiges fixés » – Musique et symbolisme: Récital de piano par Ezequiel Castro

vendredi 15 Fév. 2019 - 20h00

Atelier Marcel Hastir (étage 2)


Ezequiel Castro

Voyage symboliste en musique : Liszt, Nante, Takemitsu, Debussy

Au programme

Franz Liszt – « Bénédiction de Dieu dans la solitude »

Alex Nante – « Tres iluminaciones » 

Totu Takemitsu – « Les Yeux Clos II »

Claude Debussy – « Images »

 Vertiges fixés

Dans son poème « Alchimie du verbe », Arthur Rimbaud résume dans une phrase la vision esthétique du symbolisme :

« J’écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges. »

Dans le voyage musical intitulé « Vertiges fixés », le pianiste Ezequiel Castro propose une réflexion et un regard sur la vision mystico-symboliste à travers les siècles, dès Liszt et les premières mentions du terme par J.W von Goethe et A. Schopenhauer jusqu’à nos jours avec l’oeuvre d’Alex Nante, en passant par le compositeur symboliste par excellence, C. Debussy et son influence sur la pensée musicale de T. Takemitsu.

Le voyage commence avec « Bénédiction de Dieu dans la solitude » de Franz Liszt. C’est avec cette oeuvre, qui appartient aux « Harmonies poétiques et religieuses » d’après A. de Lamartine, que Liszt essaie, pour la première fois, une synthèse entre littérature et musique. Cette nouvelle organisation du discours musical ouvrit une voie qui sera plus tard la base pour l’idée wagnérienne du « Gesamtkunstwerk », idée qui a fortement influencé le cercle des poètes symbolistes. Mais, ce n’est pas seulement dans le renouvellement de la forme que Liszt a été précurseur du mouvement symboliste. Pareillement, sa synesthésie et l’association de couleurs et sonorités représentent une alliance qui a été assez récurrente dans la poésie de Rimbaud et Baudelaire.

Inspirées par « Les Illuminations » de A. Rimbaud, mais en reprenant une vision que s’approche du mysticisme de Liszt, les « Tres iluminaciones » du jeune compositeur Alex Nante constituent le pont entre le pouvoir évocateur du son en lui-même et une expérience spirituelle transcendante.  Elles font entendre, avec les mots de Charles Baudelaire,  « les secrètes affinités entre le monde sensible et le monde spirituel ».

Totu Takemitsu écrivit à propos de sa musique :

« Il me faut entendre ce que le son porte en lui-même, car le son a son propre mouvement qu’il s’agit de suivre ; le son est vivant. »

Cette pensée est le reflet exact de la quête accomplie par les poètes symbolistes : la représentation à travers des idées primordiales.

« Les Yeux Clos II » est la deuxième oeuvre de Takemitsu inspirée par le tableau homonyme du peintre symboliste Odilon Redon. Dans cette pièce le compositeur combine des harmonies pleines de couleurs debussystes avec une rythmique flottante qui donnent à l’oeuvre une allure d’intemporalité et de mystère, reflet fidèle du monde intérieur, le rêve, l’absence de ce tableau-icône du symbolisme en peinture.

Le voyage finit avec le deuxième cahier des « Images » de Debussy. Trop tôt défini comme compositeur impressionniste, Debussy se battra toute sa vie pour se débarrasser de cette étiquette, préférant plutôt se considérer un « symboliste ». C’est aux mardis de Mallarmé qu’il rencontra des artistes comme Odilon Redon, Arthur Rimbaud, Paul Gauguin ou Paul Verlaine, tous eux engagés dans le mouvement symboliste. Debussy à propos de sa musique :

« Je voulais à la musique une liberté qu’elle contient peut-être plus que n’importe quel art, n’étant pas bornée à une reproduction exacte de la nature, mais aux correspondances mystérieuses de la nature et de l’imagination. »

C’est dans la musique de Debussy que convergent le mysticisme contemplatif de Liszt – dont la traduction en musique des impressions du monde extérieur et les sonorités des dernières oeuvres ont nourri les compositons pianistiques du maître français), l’orientalisme de Takemitsu et la vision austère et concentrée d’Alex Nante. C’est en elle que passé et futur se retrouvent,  que le mystère et le symbol se révèlent et se déguisent. Avec les paroles de J. W. von Goethe :

« Tout ne peut être compris que symboliquement, et partout quelque chose d’autre se cache derrière. »

PS: Voici un lien Youtube de Ezequiel Castro:
https://www.youtube.com/ channel/ UCPOS0qrBKHTKgyY0VIrL91w

 Ezequiel Castro 

 Né à Buenos Aires en 1990, il est l’un des pianistes argentins les plus reconnus de sa génération. Il a commencé ses études de piano avec Ricardo Tagliafichi au Conservatoire « Alberto Ginastera ». Depuis 2009, il continue ses études avec María Teresa Criscuolo, en premier lieu à l’Université Nationale d’Arts de l’Argentine (UNA), et puis de manière privée. De plus, il étudie la musique de chambre avec Haydée Schvartz et la composition avec Luis Mucillo. Depuis 2017, il poursuit ses études au CNSMD de Lyon dans la classe d’Hervé N’Kaoua et à Paris avec Marie-Josèphe Jude.

En 2014 il obtient sa licence en piano avec sa thèse « Evolution stylistique d’Alexander Scriabine », avec la mention Suma Cum Laude (TB à l’unanimité). Il affectionne particulièrement ce compositeur et est très reconnu pour son interprétation.

 Il s’est produit dans les salles les plus importantes de l’Argentine (Usina del Arte; Centro Cultural Kirchner), et aussi au Brésil et Chili, en France, Belgique, Suisse, Hongrie. En août 2014, auprès de Emliano Barreiro, il obtient le Premier Prix dans la catégorie Piano à 4 mains du Concours International « Festival de Pianistas » à Mar del Plata. En 2015 il termine troisième au 8e Concours du Piano « Fundación Catedral ». Il a gagné en outre le Premier Prix au 34e Concours du Piano du Mozarteum à Santa Fé. En 2017, il se trouve parmi les trois meilleurs pianistes au concours international du piano « Kajo Schommer Klavierpreis ».

 Il a participé à l’intégrale des Suites Françaises et Anglaises et des Partitas de J. S. Bach ; des Sonates de L. V. Beethoven, R. Schumann, F. Chopin et S. Prokofiev ; des Etudes de Liszt- Paganini, Debussy, Stravinsky, Schumann et Scriabine ; de l’œuvre pour piano solo de M. Ravel, organisés par la professeure M. T. Criscuolo. Pendant 2015, il organise le « Festival Scriabine – Intégrale des Sonates pour piano », un cycle de 13 concerts dans les salles de Buenos Aires pour commémorer le centenaire de la mort du compositeur russe.

Depuis 2017, il poursuit ses études au CNSMD de Lyon dans la classe d’Hervé N’Kaoua et à Paris avec Marie-Josèphe Jude. Il s’est produit dans les salles les plus importantes d’Argentine (Usina del Arte ; Centro Cultural Kirchner), et aussi au Brésil, Chili, France, Belgique, Suisse. – Lauréat de nombreux concours, avec notamment en février 2017, un prix au Concours International “Kajo-Schömmer Klavierpreis”. – En février 2017, il débute au Chili comme soliste en jouant le 4ème Concerto pour piano et orchestre de L.V. Beethoven avec l’Orchestre Académique d’Antofagasta, sous la direction de Marko SantelicesSkorin. En 2017, il a reçu la bourse « Fondo de Becas » du Mozarteum Argentin.

 

Réservations ci-après – Entrée: 15 € – 7 € enfants de moins de 12 ans)

Après le concert le verre de l’amitié vous sera offert, en compagnie de l’artiste

Réservations

Type de billet Prix Places
Billet Standard 15,00 €
Billet enfant de moins de 12 ans 7,00 €